La facilité : « anxiété ! »

 

Déjà vu (1)

Signalant régulièrement des douleurs au dos, j’avais toujours droit à la même réponse : il faut soigner l’anxiété et ça passera avec.
Jusqu’à ce qu’un accident de la circulation m’envoie pour un bon moment chez le kiné, lequel s’apercevra que j’ai des courbures du dos inversées, et que ces points fatigant plus rapidement, les douleurs apparaissaient. Il s’est attaqué au problème, et ça va enfin mieux.
Des années de diagnostic « anxiété » malgré mes protestations, avant d’être enfin soigné.

Déjà vu (2)

Dans une période sans stress particulier, je me mets à m’étouffer plusieurs fois par jour, ne pouvant plus respirer à chaque fois pendant quelques instants.
Ça ne passe pas seul, direction le généraliste, le mien est absent, je vois un confrère. Diagnostic : reflux gastriques causés par l’anxiété.
Traitement contre le reflux gastrique pris, mais ça n’améliore pas la situation. Retour chez le généraliste : reflux gastrique, prescription d’un traitement plus fort. Pas mieux.
À l’occasion d’un étouffement plus long, la respiration ne revenant pas, le SAMU est appelé. (Seule) réponse : « Il est pas un peu nerveux ? »… Le temps de l’appel ma respiration était revenue même si elle restait difficile.
Les étouffements persistent, plusieurs fois chaque jour, de jour comme de nuit.
Là, nerveusement, je commence à ne plus supporter, je me fais accompagner aux urgences psychiatriques pour avoir de l’aide. Un (très) jeune médecin déroule sa check-list « risque suicide » tel un automate, résultat négatif, repart aussitôt sans rien dire. Je repars avec un anxiolytique.  Ce qui n’améliorera que très peu la situation, ça m’aidera juste à dormir un peu plus.
Retour chez le généraliste, mon médecin traitant est de retour. J’explique mon cas, il prend un abaisse-langue, observe ma gorge 2 secondes et râle contre ses confrères : œdème. Le soir même, grâce au traitement, je commence à aller mieux.
Des semaines à m’étouffer avec un diagnostic « anxiété », malgré mes protestations, avant d’être enfin soigné.

Déjà vu (etc)

Je pourrais parler des maux de tête, très fréquents, diagnostic « anxiété » bien sûr, sauf que le port d’un collier cervical les soulage et que les assouplissement les ont bien fait reculer.

La liste pourrait être longue… il y a quelques mois je lisais un article sur des personnes souffrant d’obésité, et qui à chaque visite chez le médecin, se voyaient poser le diagnostic d’obésité. Même si ça n’avait pas grand rapport. Curieusement, j’ai très bien compris ce qu’elles ressentaient.

De l’importance d’écouter le patient pour savoir ce qui se passe :

Souffrant de plusieurs dépressions chaque année, et ce depuis plusieurs années, quand j’ai signalé une fatigue importante à mon psychiatre, il m’a répondu tout naturellement « dépression ».
J’ajoute alors que ce n’est pas du tout la même impression de fatigue que d’habitude, et après avoir un peu insisté, il m’envoie chez mon généraliste pour creuser la question.
Après plusieurs analyses, le verdict tombe : déficit de vitamine B12, provoquée par le traitement psy.
Prendre en compte les propos du patient, et l’envoyer vers la personne compétente, parfois ça aide.

Mais il faut toujours relativiser, il y a pire :

Envoyé en psychiatrie au lieu d’être soigné pour… la maladie de Lyme

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